Immobilier étudiant : acheter ou louer, le dilemme des parents pour loger leurs enfants

Immobilier étudiant : acheter ou louer, le dilemme des parents pour loger leurs enfants

Une tension récurrente : l’urgence du logement à chaque rentrée

Avec les résultats de Parcoursup qui tombent dès début juin, des milliers de familles entament une nouvelle course contre la montre : celle de trouver un logement étudiant. Chaque année, le scénario se répète, souvent avec la même difficulté : un marché saturé, en particulier pour les studios et T1 dans les grandes villes universitaires.

La crise du logement étudiant s’accentue. Faible offre, loyers élevés, délais réduits… Pour les parents disposant d’un apport ou d’une capacité d’emprunt, une alternative se dessine : acheter un bien immobilier pour loger leur enfant durant ses études.

Mais est-ce réellement une bonne stratégie ? Et surtout, l’achat est-il plus intéressant que la location à court et moyen terme ?

Un contexte immobilier favorable à l’achat… sur le papier

L’environnement immobilier actuel présente des signaux positifs pour les acheteurs : recul des prix dans plusieurs villes, taux d’intérêt plus stables, loyers en hausse. D’après les calculs de l’économiste Corinne Dubois (Wuestpartner), acheter est plus rentable que louer dans 20 des 30 principales villes françaises, sous certaines conditions.

Exemple : à Saint-Étienne, même en supposant une dépréciation de 5 % par an pendant 20 ans, l’achat d’un studio reste plus avantageux que la location. À Aix-en-Provence ou Annecy, il suffirait d’une revalorisation annuelle de 0,6 % du bien pour que l’opération devienne plus rentable sur la durée.

Ces simulations partent cependant d’un principe de détention longue (20 ans), en contradiction avec le cycle réel des études supérieures, souvent limité à 3 à 5 ans, avec une forte mobilité : changement de ville, Erasmus, stages…

Immobilier étudiant : un investissement à envisager comme un projet locatif

Acheter uniquement pour héberger son enfant durant ses études n’est viable que si l’on envisage un projet patrimonial à long terme. Cela suppose :

  • De pouvoir relouer facilement le bien après le départ de l’étudiant.
  • D’accepter une phase de vacance locative possible.
  • De penser le bien comme un actif locatif rentable, pas comme une résidence secondaire temporaire.

Sans cette projection long terme, le risque est de devoir revendre au mauvais moment, sans avoir amorti les frais d’acquisition (notaire, agence, travaux).

Les écueils à ne pas négliger

  1. Perte des aides au logement

Un étudiant logé par ses parents dans un bien leur appartenant ne peut généralement pas bénéficier de l’APL, sauf dans des cas très encadrés.

  1. Frais annexes parfois sous-estimés

Charges de copropriété, taxe foncière, petits travaux, ameublement si location meublée… Ces frais viennent grever la rentabilité initiale.

  1. Fiscalité des locations meublées en évolution

Le régime LMNP, souvent recommandé pour ce type d’investissement, est de plus en plus encadré. L’avantage fiscal du régime réel est intéressant mais nécessite une bonne gestion (tenue comptable, amortissements, déclaration BIC).

Acheter un logement étudiant : pour qui, dans quelles conditions ?

L’achat peut être pertinent si :

  • Le bien est situé dans une ville où la demande locative est forte, même en dehors de la période universitaire.
  • Le projet est cohérent avec une stratégie d’investissement patrimonial, type LMNP au réel.
  • La famille est prête à conserver le bien au-delà de la période d’études (location à d’autres profils, revente à moyen terme optimisée).

Il faut raisonner comme un investisseur, non comme un parent uniquement soucieux du confort de son enfant.

Synthèse par Yoann MAXEL – Spécialiste en LMNP

« Acheter un logement étudiant pour son enfant est une option séduisante, mais elle n’a de sens que dans une logique d’investissement raisonné. Le statut LMNP peut être une solution idéale pour ceux qui souhaitent conserver le bien après les études, à condition d’opter pour le régime réel et de bien sélectionner l’emplacement. Il faut toujours arbitrer avec des critères économiques et non émotionnels. Attention aux zones où la revente ou la relocation est incertaine : sans liquidité ou rendement, le placement devient vite une charge.

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