Crédit immobilier & anciens malades du cancer : les nouvelles avancées pour emprunter sans être pénalisé

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Crédit immobilier & anciens malades du cancer : les nouvelles avancées pour emprunter sans être pénalisé 

Obtenir un crédit immobilier lorsqu’on a vaincu un cancer reste un parcours du combattant. Refus d’assurance, surprimes, exclusions : malgré les lois protectrices, de nombreux emprunteurs vivent une « double peine ». Mais les lignes bougent. BNP Paribas Cardif, CNP Assurances et les acteurs publics font évoluer les règles. Tour d’horizon des dernières avancées concrètes.

Une couverture sans surprime dès la fin des traitements 

Depuis mai 2025, deux assureurs majeurs ont assoupli leur politique :

  • BNP Paribas Cardif : accepte sans surprime ni exclusion les anciens malades du cancer du sein, de la prostate ou du testicule dès la fin du traitement actif, même si les 5 ans du « droit à l’oubli » ne sont pas encore écoulés.
  • CNP Assurances : élargit cette mesure aux prêts jusqu’à 3 millions d’euros, y compris les contrats « seniors » jusqu’à 85 ans. Le cancer du sein est couvert depuis mars 2024.

💬 « Ce qu’ont fait ces assureurs est fort. On sent une vraie volonté d’inclusion », témoigne Amel Semlali, juriste de la Ligue contre le cancer.

Droit à l’oubli et convention Aeras : deux leviers en place depuis 2022 

La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, a marqué un tournant :

  • Suppression du questionnaire de santé pour les crédits < 200.000 € (échéance avant 60 ans).
  • Réduction du délai du droit à l’oubli de 10 à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique actif.

La convention Aeras complète le dispositif avec :

  • Une grille de référence listant les pathologies exclues de surprimes
  • Des plafonds de surprimes imposables selon le type de cancer, le traitement et l’ancienneté

Exemple : un cancer du sein « in situ » peut permettre un accès à l’assurance sans surprime dès 1 an, sous conditions.

Quand l’assurance est refusée : d’autres options sont possibles 

Si aucun assureur ne suit, d’autres pistes existent :

  • Faire appel à une banque qui n’impose pas d’assurance (c’est légal)
  • Apporter une garantie alternative : hypothèque, assurance-vie, co-emprunteur, caution…
  • Moduler la quotité (part assurée du prêt)
  • Accepter une surprime temporaire, puis renégocier après acquisition du droit à l’oubli
  • Mettre en avant les revenus générés par le bien, comme pour les locaux professionnels ou les biens en location meublée

« Rien n’est figé. Un prêt de 2 M€ a été accordé à un ancien malade sans assurance grâce à la rentabilité attendue du projet », confie Amel Semlali.

📞 Besoin d’aide ? Contactez AIDEA (Ligue contre le cancer) au 0 800 940 939

Un accompagnement gratuit pour défendre votre projet.

L’analyse de Yoann Maxel, spécialiste LMNP

« Les évolutions récentes sur l’assurabilité post-cancer sont majeures. Pour les investisseurs LMNP, cela peut lever un frein à des projets structurants, notamment après 50 ans ou sur des montants supérieurs à 1 million d’euros. La clé : anticiper les blocages d’assurance dès la simulation de prêt, croiser les dispositifs (Aeras, droit à l’oubli, exclusions plafonnées) et oser négocier des garanties alternatives. Cette complexité ne doit pas décourager, car elle peut être surmontée avec méthode. »

À retenir :

  • Fin du parcours du combattant pour certains profils post-cancer
  • Droit à l’oubli réduit à 5 ans, avec droit à l’erreur
  • Des assureurs (CNP, BNP Cardif) vont au-delà de la loi
  • L’assurance emprunteur reste contournable dans certains cas
  • L’investissement immobilier reste possible, même après une maladie grave

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