Rénovation énergétique : vos travaux sont-ils vraiment rentables en 2025 ?

Rénovation énergétique

Rénovation énergétique : vos travaux sont-ils vraiment rentables en 2025 ?

Une rénovation énergétique, oui… mais à quel prix ?

Dans un contexte immobilier tendu et une société de plus en plus sensible à la transition écologique, la rénovation énergétique est souvent perçue comme une priorité. Isolation, double vitrage, combles, VMC… autant de travaux que l’État incite à réaliser, notamment via les aides telles que MaPrimeRénov’.

Mais une étude récente de l’Insee (juillet 2025) vient remettre en question la rentabilité économique réelle de ces investissements. Faut-il encore y croire ? Ou revoir sa stratégie en tant que propriétaire ou investisseur LMNP ?

Des économies d’énergie bien en dessous des promesses

L’Insee a analysé des données réelles de consommation issues de compteurs communicants (Linky et Gazpar) sur des maisons individuelles rénovées entre 2016 et 2022.

Les chiffres relevés après travaux :

  • –5,4 % de baisse moyenne pour l’électricité
  • –8,9 % pour le gaz

Pour les logements les plus énergivores (classés F ou G) :

  • –9,2 % (électricité)
  • –16,6 % (gaz)

Conclusion : les résultats observés sont très inférieurs aux estimations théoriques utilisées dans les modèles classiques, qui tablent souvent sur des économies de 30 à 50 %.

Une rentabilité très faible, sauf avec des aides massives

Le coût des travaux vs les économies réelles

Voici les chiffres clés publiés par l’Insee :

  • Maison chauffée à l’électricité :
    – Coût moyen des travaux : 14 300 €
    – Économie annuelle d’énergie : 114 €
    – Temps de retour sur investissement : 125 ans
  • Maison chauffée au gaz :
    – Coût moyen : 13 700 €
    – Économie annuelle : 91 €
    – Temps de retour estimé : 150 ans (ou 80 ans dans les cas optimaux)

👉 Verdict : sans subvention, la rentabilité économique est quasi inexistante. Même avec MaPrimeRénov’, elle reste marginale à court terme.

Quels travaux sont les plus efficaces ?

✅ Les gestes les plus performants :

  • Isolation des murs : jusqu’à –7,4 % sur la consommation électrique
  • Isolation des combles et planchers
  • Travaux sur la toiture

🚫 Les gestes les moins rentables :

  • Remplacement des fenêtres ou portes-fenêtres : effet énergétique très limité
  • Pose de double ou triple vitrage seule : peu d’impact sans isolation périphérique

⚠️ Surconsommation d’électricité en été

L’étude souligne également un effet inattendu : certains logements rénovés consomment davantage d’électricité en été, probablement à cause d’une utilisation accrue de la climatisation. Une conséquence non anticipée des travaux d’étanchéité thermique.

Les autres bénéfices non financiers

Malgré une rentabilité faible à court terme, les travaux de rénovation énergétique peuvent avoir d’autres retombées positives :

  • 🌍 Réduction des émissions de CO₂ (contribution à la transition écologique)
  • 🎧 Isolation phonique accrue, notamment en zones urbaines
  • 💧 Meilleure qualité de l’air intérieur (moins d’humidité, moisissures)
  • ❤️ Confort thermique et sanitaire : sensation de bien-être au quotidien
  • 📈 Valorisation du bien en cas de revente ou location (DPE amélioré)

Ces éléments, bien que difficilement quantifiables, sont de plus en plus valorisés par les locataires et les acquéreurs.

Impact sur la valorisation du bien en LMNP

Dans le cadre d’un investissement en location meublée non professionnelle (LMNP), les travaux de rénovation peuvent :

  • Permettre de sortir d’une étiquette F ou G (et donc éviter les interdictions de louer)
  • Améliorer le scoring DPE, ce qui rassure les banques et investisseurs
  • Rendre le bien plus attractif sur les plateformes de location

Mais : la rentabilité pure reste faible si on se base uniquement sur les économies d’énergie.

Faut-il encore rénover en 2025 ?

Oui, mais avec une stratégie sélective

  • ✅ Prioriser les travaux d’isolation thermique globale
  • ✅ Réaliser un audit énergétique avant toute décision
  • ✅ Maximiser les aides financières disponibles (MaPrimeRénov’, CEE, etc.)
  • ❌ Éviter les travaux esthétiques non rentables à court terme
  • ❌ Ne pas surinvestir dans des équipements sans gain mesurable

En clair, il faut considérer la rénovation non plus comme un placement à retour rapide, mais comme un **choix de confort, d’écologie, et de valorisation à moyen terme**.

Sources officielles et ressources complémentaires

Conclusion

En 2025, rénovation énergétique ne rime plus forcément avec économies spectaculaires. Mais les enjeux dépassent la simple rentabilité immédiate. Pour les investisseurs LMNP comme pour les propriétaires occupants, il est essentiel de :

  • Bien évaluer les priorités de travaux
  • S’informer sur les aides disponibles
  • Prendre en compte l’ensemble des bénéfices (confort, fiscalité, valorisation)

Une rénovation bien pensée reste une stratégie d’avenir — à condition de ne pas la faire les yeux fermés.

Conclusion LMNP – Par Yoann Maxel, spécialiste fiscalité et immobilier locatif

“La clé de lecture en LMNP est différente. En régime réel, les travaux d’isolation sont amortissables, tout comme les frais de notaire ou la taxe foncière. Même si l’économie d’énergie directe est faible, le gain fiscal permet d’amortir les travaux sur 20 à 30 ans et de lisser leur impact sur la rentabilité nette. C’est d’ailleurs une stratégie de plus en plus utilisée pour éviter le classement en passoire thermique sans pénaliser la trésorerie.”

📌 À retenir pour vos investissements :

  • Ne vous fiez pas uniquement aux modèles théoriques de gain énergétique.
  • Priorisez les travaux structurels (isolation murs/toiture).
  • En LMNP, utilisez le régime réel pour amortir intelligemment.
  • Calculez la rentabilité globale (énergie + fiscalité), pas uniquement le ROI énergétique.

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