Loyers impayés : comment redonner confiance aux propriétaires pour mieux loger les Français ?
Les loyers impayés sont devenus l’un des sujets les plus sensibles du marché immobilier français. Derrière les difficultés de paiement, il y a des propriétaires qui s’inquiètent pour leur investissement, des locataires confrontés à des situations parfois dramatiques et une crise du logement qui continue de compliquer l’accès à la location.
Une question mérite pourtant d’être posée : et si, pour permettre à davantage de Français de se loger, nous commencions par redonner confiance à ceux qui mettent leurs biens en location ?
Je suis convaincu que la réponse à la crise du logement passe autant par la sécurisation des propriétaires que par l’accompagnement des locataires.
Après plus de 24 ans dans l’immobilier, j’ai vu combien cette relation pouvait être fragile. Un propriétaire peut hésiter à louer après une mauvaise expérience. Un candidat sérieux peut se voir refuser un logement parce que sa situation professionnelle ne correspond pas aux critères habituels. Et chacun finit par considérer l’autre comme un risque.
Nous ne sortirons pas de cette situation en opposant les propriétaires aux locataires.
Nous devons reconstruire un équilibre, avec une fiscalité qui encourage la location à des prix raisonnables, des garanties efficaces contre les loyers impayés et un accompagnement plus rapide des ménages qui traversent des difficultés.
Par Yoann Maxel, Président de Y’AM Asset Management et Directeur Général de Maison Harmonie
9 octobre 2026
Sommaire
- Loyers impayés : comprendre les chiffres et la crise de confiance
- Pourquoi les loyers impayés fragilisent le marché locatif
- Fichier des loyers impayés : une solution suffisante ?
- Réduire les loyers impayés grâce à une fiscalité incitative
- Quelles garanties pour mieux sécuriser les propriétaires ?
- Comment accompagner les locataires en difficulté ?
- Encourager les propriétaires qui proposent des loyers raisonnables
- Quel rôle pour l’investissement privé et la rénovation immobilière ?
- Vers un nouveau pacte de confiance dans le logement
- FAQ sur les loyers impayés et la sécurisation locative
Loyers impayés : comprendre les chiffres et la crise de confiance
Le 8 octobre 2026, Le Figaro Immobilier consacrait une enquête à l’arrivée d’une plateforme permettant aux professionnels de l’immobilier de consulter certaines informations relatives aux incidents de paiement locatifs.
Cette actualité remet en lumière un sujet qui préoccupe depuis longtemps les propriétaires bailleurs.
Selon les estimations d’Imodirect rapportées dans l’article, les loyers impayés représenteraient chaque année en France environ 2,9 milliards d’euros, avec 244 000 baux concernés, soit 5,3 % des contrats de location.
Ces chiffres, issus d’une estimation sectorielle et non d’un recensement public exhaustif, doivent être interprétés avec prudence. Mais ils traduisent une inquiétude réelle.
Car un loyer impayé n’est jamais simplement une ligne comptable.
Pour un propriétaire qui rembourse un crédit immobilier, il peut déséquilibrer plusieurs mois de budget. Pour un locataire qui vient de perdre son emploi, il peut marquer le début d’une situation financière difficile à maîtriser.
Et lorsque les incidents se multiplient, c’est toute la relation locative qui se fragilise.
Pourquoi les loyers impayés inquiètent-ils autant les propriétaires ?
On imagine parfois le propriétaire bailleur comme un investisseur disposant de revenus confortables et de plusieurs biens immobiliers.
La réalité est beaucoup plus diverse.
Certains propriétaires ont acheté un petit appartement pour préparer leur retraite. D’autres ont investi dans un logement destiné à compléter leurs revenus. D’autres encore rénovent un bien ancien afin de le remettre sur le marché locatif.
Dans tous les cas, un investissement immobilier représente un engagement financier.
Le propriétaire doit assumer ses mensualités de crédit, ses charges de copropriété, ses taxes, ses assurances et les travaux nécessaires à l’entretien du logement.
Lorsqu’un locataire ne paie plus, ces dépenses continuent.
Une situation ponctuelle peut parfois être réglée rapidement. Mais lorsque les impayés s’accumulent, les conséquences deviennent importantes.
C’est cette incertitude qui peut pousser certains propriétaires à renoncer à louer ou à devenir beaucoup plus exigeants dans la sélection des dossiers.
Et c’est là que le problème dépasse la seule question des loyers impayés.
Pourquoi les loyers impayés fragilisent-ils le marché locatif français ?
La France a besoin de logements accessibles, mais également de propriétaires prêts à les proposer à la location.
Nous parlons régulièrement de construction neuve, de logement social, de rénovation énergétique et d’encadrement des loyers.
Ces sujets sont essentiels.
Mais nous oublions parfois le rôle du parc locatif privé.
Un logement mis en location par un particulier contribue lui aussi à répondre aux besoins d’une famille, d’un étudiant, d’un jeune salarié ou d’un retraité.
Le propriétaire participe à l’offre de logements disponibles. Il finance un bien, réalise éventuellement des travaux et prend en charge une partie des risques liés à sa détention.
Encore faut-il qu’il conserve l’envie et les moyens de poursuivre cet investissement.
Loyers impayés et sélection des locataires : un cercle difficile à rompre
Lorsqu’un propriétaire craint de ne pas percevoir ses loyers, il peut chercher à sécuriser son investissement en exigeant davantage de garanties.
Il privilégiera alors les candidats disposant de revenus élevés, d’un contrat de travail stable ou d’une caution solide.
Cette réaction peut se comprendre d’un point de vue financier.
Mais elle a des conséquences importantes sur l’accès au logement.
Un travailleur indépendant peut disposer de revenus suffisants tout en ayant une activité irrégulière. Un jeune actif en période d’essai peut être parfaitement capable de payer son loyer. Une famille monoparentale peut présenter un budget maîtrisé sans disposer d’un garant familial.
Ces candidats ne sont pas nécessairement plus susceptibles de provoquer des impayés.
Pourtant, ils peuvent rencontrer des difficultés à convaincre un bailleur.
Nous aboutissons alors à une situation paradoxale : plus les propriétaires cherchent à se protéger, plus certains ménages ont du mal à se loger.
Sécuriser les propriétaires pourrait donc aussi permettre d’assouplir certains critères de sélection et d’ouvrir davantage le marché locatif.
C’est une piste qui mérite d’être prise au sérieux.
Fichier des loyers impayés : un outil utile ou un risque d’exclusion ?
L’actualité autour des fichiers d’incidents de paiement soulève une question délicate.
Un propriétaire ou un professionnel de l’immobilier devrait-il pouvoir connaître les précédentes difficultés de paiement d’un candidat à la location ?
Je comprends l’intérêt d’une meilleure information.
Un bailleur prend un engagement financier important lorsqu’il confie son bien à un occupant. Il souhaite naturellement disposer d’éléments fiables pour apprécier les risques.
Mais un fichier recensant les loyers impayés ne peut pas devenir un outil d’exclusion automatique.
Pourquoi faut-il distinguer les différents types de loyers impayés ?
Tous les impayés ne racontent pas la même histoire.
Prenons l’exemple d’un locataire qui occupait son logement depuis cinq ans sans aucun incident.
Il perd brutalement son emploi. Malgré ses recherches, il traverse trois mois difficiles et accumule une dette locative.
Quelques mois plus tard, il retrouve une activité et recommence à payer régulièrement.
Doit-il être considéré pendant plusieurs années comme un locataire indésirable ?
Je ne le crois pas.
Il faut distinguer les difficultés subies des situations dans lesquelles les obligations contractuelles ne sont volontairement pas respectées.
Une séparation, une maladie ou une perte de revenus peuvent provoquer un accident de paiement sans remettre en cause la bonne foi du locataire.
À l’inverse, il existe des situations dans lesquelles le défaut de paiement persiste malgré une capacité financière suffisante.
Ces réalités appellent des réponses différentes.
La prévention et l’accompagnement doivent être privilégiés lorsqu’une difficulté peut être résolue. Lorsque le contrat n’est plus respecté et qu’aucune solution n’aboutit, le propriétaire doit pouvoir exercer ses droits dans le cadre légal.
Quels risques pour les données personnelles des locataires ?
La CNIL attire depuis plusieurs années l’attention sur les fichiers mutualisés d’impayés.
Elle rappelle notamment que ces dispositifs doivent respecter des conditions strictes : proportionnalité des informations collectées, critères d’inscription, durée de conservation, accès limité aux données et respect des droits des personnes concernées.
L’existence d’un dispositif de référencement ne dispense donc pas ses responsables de démontrer sa conformité au RGPD.
Cette vigilance est essentielle.
Un fichier peut contribuer à la prévention des risques, mais il ne doit pas empêcher définitivement une personne ayant connu des difficultés de retrouver un logement.
Source : CNIL – Précisions sur les fichiers d’incidents de paiement dans le logement locatif.
À mon sens, la véritable solution est ailleurs : réduire les risques dès l’origine, intervenir rapidement lorsqu’un problème apparaît et protéger les deux parties.
Réduire les loyers impayés grâce à une fiscalité qui encourage les propriétaires
Je défends depuis longtemps une idée simple : un propriétaire qui accepte volontairement de proposer un loyer raisonnable devrait bénéficier d’un avantage fiscal réellement attractif.
Pourquoi ?
Parce qu’il participe directement à l’effort collectif pour rendre le logement plus accessible.
Imaginons un appartement dont le loyer de marché serait de 1 000 euros par mois.
Le propriétaire accepte de le louer 850 euros afin de permettre à un ménage aux revenus modestes de s’y installer.
Il renonce ainsi à 150 euros par mois, soit 1 800 euros de loyers sur une année.
Cet effort représente une contribution concrète à l’accès au logement.
Il me paraît donc cohérent qu’une politique publique puisse le reconnaître et l’encourager.
Loc’Avantages : une première réponse fiscale aux loyers modérés
Un dispositif poursuit déjà cet objectif : Loc’Avantages, mis en place avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
Il permet, sous certaines conditions, aux propriétaires qui acceptent de louer leur logement à un niveau de loyer plafonné de bénéficier d’une réduction d’impôt.
Le montant de cette réduction dépend notamment du niveau de loyer retenu et du recours éventuel à l’intermédiation locative.
Les taux peuvent atteindre 15 % à 65 % des revenus locatifs bruts, selon le conventionnement applicable.
La réduction d’impôt suppose notamment de respecter des plafonds de loyers, des conditions de ressources pour les locataires et les obligations prévues par la convention signée avec l’Anah.
Le dispositif concerne les logements loués nus à titre de résidence principale. Il ne s’applique donc pas indistinctement à tous les investissements locatifs.
Source : Service-Public – Loc’Avantages et fiscalité des logements conventionnés.
Et si nous allions plus loin que Loc’Avantages ?
Loc’Avantages repose sur une logique intéressante : encourager les propriétaires à pratiquer des loyers inférieurs aux références du marché.
Mais je pense qu’il faudrait construire un mécanisme encore plus lisible et durable.
Un véritable contrat entre le propriétaire et la collectivité.
Le propriétaire accepterait de proposer un logement à un prix raisonnable, adapté aux revenus des ménages visés.
En contrepartie, il bénéficierait d’une fiscalité suffisamment attractive pour reconnaître son effort, mais également d’une garantie renforcée en cas d’impayés.
Ce dispositif pourrait s’accompagner d’un suivi des locataires lorsque leur situation financière se dégrade.
L’objectif serait double : rendre le logement plus accessible et donner au propriétaire des raisons concrètes de continuer à investir.
Il ne s’agit pas de promettre un rendement exceptionnel.
Il s’agit de rendre économiquement viable un engagement social utile.
Quelles garanties pour protéger les propriétaires contre les loyers impayés ?
Un avantage fiscal ne suffit pas si le propriétaire reste seul face au risque de non-paiement.
La confiance dépend aussi de l’efficacité des garanties et de la capacité à trouver rapidement une solution.
Il existe aujourd’hui plusieurs mécanismes de sécurisation locative, notamment les assurances contre les loyers impayés, les cautions et la garantie Visale, sous réserve de leurs conditions d’éligibilité.
La garantie Visale : sécuriser certains profils locatifs
Proposée par Action Logement, Visale est une garantie gratuite permettant, pour les dossiers éligibles, de couvrir certains impayés de loyers et certaines dégradations locatives dans les limites prévues par le dispositif.
Elle peut faciliter l’accès au logement de personnes ne disposant pas des garanties habituellement exigées.
Lorsqu’un incident survient, Action Logement peut indemniser le bailleur selon les conditions du cautionnement, puis engager la récupération des sommes auprès du locataire.
Ce dispositif contribue à sécuriser certains contrats de location.
Source : Service-Public – Garantie Visale : conditions et fonctionnement.
Loyers impayés : des procédures plus rapides et prévisibles
Lorsqu’un locataire cesse de payer, chaque mois supplémentaire peut aggraver la situation.
La dette augmente. Le propriétaire supporte une pression financière croissante. Et le locataire risque de perdre progressivement toute capacité à régulariser les sommes dues.
Il me semble donc essentiel d’améliorer la rapidité de traitement des incidents.
Cela passe par une détection précoce des difficultés, une médiation accessible et des procédures judiciaires disposant de moyens suffisants.
Le droit français prévoit déjà différentes étapes, notamment le commandement de payer, les possibilités de régularisation et l’intervention du juge selon les situations.
Le respect des droits du locataire doit naturellement être garanti.
Mais les propriétaires doivent eux aussi disposer de procédures compréhensibles, applicables et raisonnablement prévisibles.
Source : Service-Public – Loyers impayés et procédure applicable.
L’objectif n’est pas de faciliter systématiquement les expulsions.
Il est d’éviter que les difficultés se prolongent sans solution pendant des mois, parfois jusqu’à placer les deux parties dans une situation financière insoutenable.
Comment accompagner les locataires confrontés aux loyers impayés ?
Une politique du logement équilibrée ne peut pas protéger uniquement les propriétaires.
Elle doit également tenir compte de la réalité des accidents de la vie.
Une personne peut perdre son emploi, connaître un problème de santé ou subir une séparation sans avoir anticipé ses conséquences financières.
Dans ces situations, attendre que plusieurs mois de loyers impayés s’accumulent constitue souvent une erreur.
Plus l’intervention est tardive, plus la dette devient difficile à rembourser.
Agir dès les premiers loyers impayés
Lorsqu’un ménage rencontre des difficultés, la première priorité devrait être d’identifier rapidement leur origine.
S’agit-il d’un problème temporaire de trésorerie ? D’une diminution durable des revenus ? D’un loyer devenu trop élevé au regard de la situation familiale ?
La réponse doit dépendre de la nature du problème.
Un étalement des paiements peut être adapté lorsque le locataire dispose de ressources suffisantes pour régulariser sa dette.
Une aide financière ponctuelle peut être pertinente lorsqu’un accident de la vie provoque une difficulté passagère.
Un accompagnement social plus approfondi peut être nécessaire lorsque le budget du ménage reste durablement déséquilibré.
Dans certaines situations, il faudra également envisager un relogement vers un logement dont le loyer correspond davantage aux ressources disponibles.
Les aides au logement peuvent-elles être maintenues en cas d’impayés ?
Oui, sous certaines conditions.
Les aides personnelles au logement peuvent être maintenues lorsqu’un plan d’apurement de la dette est mis en place et que les obligations applicables sont respectées.
Ce maintien permet de limiter l’aggravation de la dette et de favoriser une solution de régularisation.
Les règles dépendent notamment de la situation du locataire, des modalités de versement de l’aide et de la procédure suivie.
Deux décrets publiés en février 2026 prévoient par ailleurs une évolution des règles de gestion des impayés concernant les bénéficiaires d’aides personnelles au logement à compter du 1er janvier 2027.
Source : Service-Public – Maintien des aides personnelles au logement en cas d’impayés.
Ces mécanismes montrent que la prévention est déjà intégrée au système français.
Mais ils pourraient, à mon sens, être mieux coordonnés et plus facilement mobilisables.
Un interlocuteur unique pour éviter l’aggravation des dettes
Je pense qu’il serait utile de développer un accompagnement plus simple, associant les organismes sociaux, les collectivités, les propriétaires et les professionnels de l’immobilier.
Le locataire en difficulté disposerait d’un interlocuteur capable d’étudier rapidement sa situation.
Le propriétaire pourrait être informé des démarches engagées, dans le respect de la confidentialité des données personnelles.
Et chacun disposerait d’une meilleure visibilité sur les solutions possibles.
Cette organisation pourrait éviter que certains incidents ponctuels deviennent de véritables crises.
Encourager les propriétaires qui acceptent des locataires aux profils moins classiques
Le marché locatif pénalise parfois des candidats qui ne correspondent pas au modèle du salarié en contrat à durée indéterminée disposant de revenus réguliers.
Les jeunes actifs, les travailleurs indépendants, les personnes en période d’essai ou les familles monoparentales peuvent rencontrer davantage de difficultés à constituer un dossier de location.
Pourtant, leur situation administrative ou professionnelle ne préjuge pas automatiquement de leur capacité à respecter leurs engagements.
Je considère qu’une politique du logement devrait encourager les propriétaires qui acceptent de leur donner leur chance.
Vers un contrat de location solidaire sécurisée ?
Imaginons un mécanisme reposant sur une logique simple.
Un propriétaire accepte de louer à un ménage répondant à certains critères sociaux ou économiques.
Le logement est proposé à un loyer cohérent avec les ressources du locataire.
En échange, le propriétaire bénéficie de garanties adaptées, d’un avantage fiscal et d’un interlocuteur en cas de difficulté.
L’accompagnement social pourrait être activé rapidement si nécessaire.
Une telle approche pourrait s’appuyer sur les mécanismes existants, notamment l’intermédiation locative, tout en les rendant plus simples à utiliser.
L’ambition ne serait pas de demander aux propriétaires d’accepter n’importe quel risque.
Elle serait de leur donner les moyens de contribuer à l’accès au logement dans des conditions économiquement raisonnables.
La solidarité ne devrait pas dépendre uniquement de la bonne volonté individuelle.
Elle devrait pouvoir s’appuyer sur des engagements réciproques et des garanties concrètes.
Loyers impayés et investissement immobilier : pourquoi le parc privé reste indispensable
La crise du logement ne pourra pas être résolue uniquement par la construction de nouveaux immeubles.
La rénovation du parc existant, la remise sur le marché de logements vacants et l’adaptation de bâtiments anciens participent également à l’amélioration de l’offre.
Pour cela, nous avons besoin d’investisseurs.
Des particuliers qui acquièrent un appartement pour le louer.
Des propriétaires qui financent des travaux de rénovation.
Des opérateurs immobiliers qui réhabilitent des immeubles anciens.
Des professionnels qui identifient de nouvelles possibilités d’utilisation pour le patrimoine existant.
Tous ces acteurs participent, chacun à leur échelle, au fonctionnement du marché du logement.
La sécurité locative influence les décisions d’investissement
Lorsqu’un investisseur étudie une opération immobilière, il analyse naturellement plusieurs paramètres : le prix d’acquisition, les travaux, le financement, la fiscalité, les charges et les revenus locatifs prévisionnels.
Mais il prend aussi en compte les risques.
La vacance locative, les loyers impayés, les dépenses imprévues et les conditions de revente peuvent influencer la rentabilité réelle d’un investissement.
Un cadre locatif stable et des mécanismes de protection efficaces peuvent contribuer à améliorer la confiance des investisseurs.
Cette confiance est importante pour maintenir et renouveler le parc immobilier privé.
Rénover l’immobilier existant pour développer l’offre de logements
Chez Y’AM Asset Management, nous accordons une place importante à la valorisation de l’immobilier existant.
Un bâtiment ancien peut parfois retrouver une utilité grâce à une opération de rénovation ou de transformation adaptée à son environnement.
Cette approche demande de réunir plusieurs compétences : connaissance du marché, analyse technique, montage financier, maîtrise des travaux et compréhension des usages.
Elle suppose également une vision patrimoniale de long terme.
Mais l’investissement immobilier ne peut être encouragé durablement si les propriétaires ont le sentiment que les risques deviennent imprévisibles.
C’est pourquoi la sécurisation locative et la stabilité des règles économiques participent pleinement à la réflexion sur l’avenir du logement.
Vers un nouveau pacte de confiance pour réduire les loyers impayés
Je suis convaincu que nous devons dépasser l’opposition entre propriétaires et locataires.
Nous avons besoin d’un cadre dans lequel investir dans le logement reste intéressant, sans oublier que le logement répond d’abord à un besoin humain essentiel.
Pour y parvenir, je défends quatre orientations.
1. Encourager durablement l’investissement locatif
La fiscalité immobilière doit être suffisamment lisible et stable pour permettre aux propriétaires d’anticiper leurs investissements.
Les changements trop fréquents compliquent les décisions de long terme.
Un investisseur qui finance un logement sur quinze ou vingt ans doit pouvoir disposer d’une visibilité raisonnable sur son environnement économique.
2. Récompenser les loyers raisonnables
Les propriétaires qui acceptent de pratiquer volontairement des loyers inférieurs aux références du marché local devraient bénéficier d’une contrepartie fiscale attractive.
Cette démarche contribuerait à rendre certains logements accessibles à davantage de ménages.
3. Sécuriser réellement les relations locatives
Les garanties contre les loyers impayés doivent être faciles à comprendre et adaptées aux différentes situations.
La prévention, la médiation et l’application des décisions de justice doivent permettre de traiter les incidents sans prolonger inutilement les difficultés.
4. Accompagner les accidents de la vie
Un locataire qui traverse une période difficile doit pouvoir trouver rapidement de l’aide.
L’objectif est d’éviter que des difficultés temporaires se transforment en situations d’endettement durables et en perte de logement.
Ces quatre orientations ne constituent pas une solution miracle.
Mais elles dessinent une politique du logement plus équilibrée, reposant sur la confiance, la responsabilité et l’accompagnement.
FAQ : loyers impayés, propriétaires et crise du logement
Que faire lorsqu’un locataire ne paie plus son loyer ?
Le propriétaire peut commencer par contacter le locataire afin de comprendre la situation et rechercher une solution amiable. Si l’impayé persiste, il peut mobiliser les garanties disponibles et engager les démarches prévues par la loi. Il doit également respecter ses obligations de signalement auprès de la Caf ou de la MSA lorsque celles-ci s’appliquent.
Comment un propriétaire peut-il se protéger contre les loyers impayés ?
Plusieurs solutions existent : caution, assurance garantie des loyers impayés et garantie Visale pour les dossiers éligibles. Le choix dépend du logement, du profil locatif, des conditions contractuelles et des règles de cumul applicables.
Peut-on expulser un locataire pour loyers impayés ?
Le non-paiement du loyer peut conduire à la résiliation du bail et à une procédure d’expulsion. Celle-ci doit respecter les étapes et protections prévues par la réglementation, notamment l’intervention du juge lorsque nécessaire.
Qu’est-ce que le dispositif Loc’Avantages ?
Loc’Avantages est un mécanisme fiscal permettant, sous conditions, de bénéficier d’une réduction d’impôt en contrepartie d’une location à loyer plafonné à des ménages respectant certains critères de ressources. Le propriétaire doit signer une convention avec l’Anah et respecter les obligations associées.
La garantie Visale couvre-t-elle les loyers impayés ?
Oui, pour les contrats et les locataires remplissant ses conditions. Action Logement peut prendre en charge certains impayés dans les limites du dispositif, puis demander le remboursement des sommes dues au locataire.
Un locataire peut-il conserver ses APL en cas de loyers impayés ?
Oui, sous conditions. Le maintien des aides personnelles au logement peut être possible lorsqu’un plan de remboursement est mis en place et que les règles applicables sont respectées. Les modalités dépendent de la situation du dossier.
Pourquoi les loyers impayés aggravent-ils les difficultés d’accès au logement ?
La crainte des impayés peut conduire certains propriétaires à renforcer leurs exigences ou à renoncer à louer. Cela peut réduire les possibilités d’accès à la location pour des ménages présentant des situations professionnelles ou financières moins classiques.
Comment encourager les propriétaires à pratiquer des loyers plus accessibles ?
Une fiscalité incitative, des garanties adaptées contre les impayés et un accompagnement efficace des locataires en difficulté peuvent contribuer à rendre les loyers modérés plus attractifs pour les propriétaires.
Conclusion : réduire les loyers impayés, c’est aussi reconstruire la confiance
Le débat sur les loyers impayés révèle quelque chose de bien plus profond qu’un simple problème de paiement.
Il met en lumière une relation fragilisée entre les propriétaires, les locataires et les pouvoirs publics.
Nous demandons aux propriétaires de participer à l’effort national de logement. Il faut donc leur donner les moyens d’investir et de louer dans des conditions suffisamment sécurisées.
Nous voulons que les ménages les plus fragiles puissent accéder à un logement. Il faut donc également les accompagner lorsqu’ils traversent des difficultés.
Nous souhaitons développer l’offre locative. Nous devons donc encourager celles et ceux qui investissent, entretiennent, rénovent et mettent des biens à disposition.
La réponse ne peut pas reposer sur une seule mesure.
Elle nécessite une fiscalité cohérente, des garanties efficaces, une meilleure prévention des impayés et des procédures respectueuses des droits de chacun.
Je défends une politique du logement dans laquelle le propriétaire qui pratique un loyer modéré est encouragé, le locataire confronté à un accident de la vie est accompagné et les engagements contractuels sont respectés.
Car je reste convaincu d’une chose :
« La meilleure politique du logement n’est pas celle qui oppose propriétaires et locataires, mais celle qui donne aux premiers la confiance nécessaire pour offrir aux seconds la chance de se loger. »
Yoann Maxel
Président de Y’AM Asset Management – Directeur Général de Maison Harmonie
Vous êtes professionnel de l’immobilier ou conseiller en gestion de patrimoine ?
La fiscalité, les risques locatifs et la qualité des opérations immobilières jouent un rôle essentiel dans les décisions d’investissement.
Chez Y’AM Asset Management, nous travaillons avec les professionnels du patrimoine autour de solutions immobilières adaptées aux différents objectifs de leurs clients.
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Sources et références
- Commission nationale de l’informatique et des libertés – Fichiers d’incidents de paiement locatifs
- Service-Public – Loyers impayés et expulsion du locataire
- Service-Public – Loc’Avantages et revenus locatifs conventionnés
- Anah – Guide des aides financières 2026
- Service-Public – Garantie Visale
- Service-Public – Maintien des aides au logement en cas de loyers impayés
- Le Figaro Immobilier, enquête du 8 octobre 2026